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Réseau de call-girls parisien

Réseau de call-girls parisien

Pages 340-341
Le 22 janvier 2004
Des prostituées haut de gamme vendant leur charme sur le web, des personnalités des affaires et du show-business jouant les internautes pour une rencontre galante, un singulier " recruteur " de mannequins écumant les lieux branchés de la capitale et une jeune proxénète tirant les ficelles depuis l'autre rive du Rhin : la filière que vient de démanteler la Brigade de répression du proxénétisme BRP) recèle tous les ingrédients d'une histoire qui reléguerait les frasques de Mme Claude " à un passé couleur sépia.
Depuis octobre dernier, les policiers de la " mondaine " étaient sur les traces d'une certaine Laura Schleich, aujourd'hui âgée de 24 ans. connue de la PJ parisienne, cette jeune Allemande avait débuté sa carrière à 17 ans, travaillant comme " escort girl " dans le réseau de 500 filles tenues par Margaret MacDonald, une Britannique de 43 ans condamnée à Paris en octobre dernier à quatre ans de prison ferme et 150 000 euros d'amende pour " proxénétisme aggravé ". S'étant vite aperçue que son ancienne " patronne " percevait des revenus mensuels de 20 000 euros, Laura Schleich avait entrepris de voler de ses propres ailes en constituant un réseau de call-girl s entre la France et l'Allemagne.
Outre un physique fort avenant, Laura Schleich misait sur un autre atout : sa maîtrise parfaite de la langue française. Mais l'élan de ses activités criminelles, qui commençaient devenir florissantes, avait été brisé net en juin 2001 par les hommes de la BRP. Mise en examen par le juge Roger Le Loire et condamnée à trois ans prison, elle avait été incarcérée à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis avant de bénéficier d'une libération conditionnelle dès octobre 2002.
"Schleich en a aussitôt profité pour fuir ses responsabilités en France et reconstituer un réseau organisé depuis son pays d'origine", déplore un commissaire.
Sous le coup d'un nouveau mandat d'arrêt, Laura Schleich est alors "pistée à distance" par une équipe de la mondaine qui s'aperçoit qu'elle délègue une partie de ses pouvoirs à Cyril C., son compagnon français. Âgé de 31 ans, il multiplie les allers et retours entre l'Allemagne, où il prenait ses ordres, et la France.
À Paris, feuilletant les pages des petites annonces publiées dans des journaux spécialisés dans le mannequinat. Il contactait des jeunes filles peu farouches, étudiantes ou modèles désargentés, pour leur proposer de devenir " escort girl ". " Les candidates se voyaient promettre monts et merveilles si elles franchissaient le pas, explique un policier.
En cas d'accord, Cyril leur constituait un book avec photos déshabillées. curriculum vitae, mensurations et nature des prestafions. " ... Les dossiers étaient acheminés vers l'Allemagne afin d'alimenter les deux sites Internet créés par Laura. Une clientèle huppée d'internautes pouvait y sélectionner la fille de leur choix, parmi un éventail de cinquante jeunes personnes.
"Les prestations 'élevaient en moyenne à 500 euros pour une heure, à 800 euros pour deux heures et pouvaient franchir la barre des 2 000 euros pour la nuit, poursuit-on à la brigade mondaine. Après avoir fourni leurs numéros de cartes de crédit ainsi que leurs coordonnées téléphoniques. les clients obtenaient un rendez-vous à leur domicile, dans la chambre d'un palace parisien ou dans un appartement de la rue de Rivoli. "
Les call-girls, parfois envoyées sur la Côte d'Azur sur un simple coup de téléphone, percevaient environ 15 000 euros par mois et en reversaient 40 % à Laura Schleich. Cyril C. a été interpellé avant hier en flagrant délit dans un café des Champs-Élysées, alors qu'il discutait avec de nouvelles recrues.
Sa compagne allemande, quant à elle, demeure retranchée outre-Rhin.
En 2001, les enquêteurs français avaient découvert ce qu'ils ont appelé un " véritable bottin mondain " en exploitant les disques durs de ses ordinateurs.


PROSTITUTION.- Deux personnes, dont un photographe de charme indépendant travaillant pour le magazine Lui, ont été interpellées, soupçonnées d'animer un réseau international de call-girls pour hommes d'affaires et princes arabes. Ces deux personnes ont été présentées à un juge d'instruction parisien chargé de l'affaire qui n'avait pas encore pris de décision à leur égard